Méditation, le septième pilier du yoga

orchidee

L’homme qui ne pratique pas l’union divine n’a pas de raison et ne peut méditer, celui qui ne médite pas est privé de calme, privé de calme, d’où lui viendra le bonheur ?

Bhagavad Gita

Aujourd’hui, j’ai décidé de parler de la méditation. Oui, la méditation… On connaît. Il ne faut pas bouger et faire semblant qu’on est épanoui, en paix, tranquil, heureux, détendu… Tout cela en se mettant dans une posture spécifique, en trouvant une mudra (position spécifique des mains) et en faisant semblant que le monde extérieur n’existe pas… Pas de quoi exciter beaucoup de personnes, car c’est long et il faut faire beaucoup d’efforts juste pour rester immobile et ne pas réfléchir. Pourtant, la méditation connaît un essor incroyable dans le monde actuel. Comment l’expliquer ?

Méditation, le septième pilier du yoga

fleurs

La pratique de la méditation s’inscrit dans les huit piliers du yoga. J’ai récemment parlé du pratyahara, le cinquième pilier du yoga. Le sixième pilier est la concentration, dharana, et le septième dhyana, la méditation. C’est l’avant dernier pilier, qui nous ouvre la porte vers samadhi, un état d’illumination, de l’éveil spirituel, de la béatitude divine.

Mon chemin de méditation

Comment interpréter l’engouement pour la méditation dans l’époque actuelle ? Sans être un expert en sociologie, je dirais que l’être humain n’a jamais autant pensé qu’aujourd’hui. Notre mental étant stimulé sans cesse par le travail, les informations et les interactions sociales, nous pouvons vite devenir un peu fatigués. Quoi de plus agréable que de ne pas devoir penser sans cesse à quelque chose ? Si de plus en plus de personnes se mettent à la pratique de la méditation, c’est qu’il doit y avoir une raison. J’ai decidé de partager mon expérience avec la méditation, car il y a quelques années, cette pratique m’a permis de retrouver mon juste chemin.

Début

Tout a commencé en mai 2016, un vendredi après-midi dans un appartement à Prague. J’étais assise sur le lit, presque prête pour rentrer en week-end chez moi en Slovaquie. Je venais de faire une profonde introspection. La vérité? Ça n’allait pas. Sur tous les niveaux. Mes études, mon permis, ma vie sentimentale, ma vie sociale, ma stabilité. Tout s’écroulait sous mes yeux. J’étais assise sur ce lit, et je menais un dialogue intérieur. Je ne pouvais rien faire. J’étais juste assise sur le lit. J’étais obligée de faire face à chaque pensée qui me passait par la tête et de me dire mentalement que ce n’était pas le moment présent.

Mais comment en suis-je arrivée là?

La dernière année de ma licence était assez compliquée. D’abord, j’ai voulu entretenir une relation à distance. J’y tenais beaucoup. Trop. Ensuite, je voulais réussir mes études, mon permis, l’admission pour mes études en master, la recherche d’un job d’été et mon mémoire de licence.

Tout cela, de nombreux étudiants réussisent sans problème en une année et il y en a qui travaillent en même temps. Je suis très heureuse pour eux. Malheureusement, ce n’était pas mon cas. Car je voulais tout réussir à 100 pour cent. Cette exigeance rend tout un peu plus difficile. Pour moi, rien n’était jamais assez bien. Quand j’allais à un examen, j’étais persuadée que tout le monde avait plus de connaissances que moi. Que ce que j’ai appris n’était rien comparé à tous les ouvrages que je n’avais pas lus. Je n’étais jamais assez bien préparée.

C’était relativement facile quand il s’agissait de petits examens. Or, c’est devenu un peu plus compliqué lors des examens finaux, lors de la rédaction de mon mémoire de licence, de la recherche d’un master et j’en passe. Car ces grands projets n’étaient pas si maîtrisables. Je perdais le contrôle. De plus, j’étais inquiète et je voulais tout réussir. Dans mon univers, l’échec n’était pas une option. Hors de question. Je ne connaissais pas l’échec. Cela ne pouvait pas m’arriver à moi.

Pendant ma dernière année de licence, j’avais tellement analysé le passé et j’avais tellement peur du futur que j’avais oublié le moment présent. J’avais oublié mon corps, ma vie, mon bien-être… Tout cela n’avait plus d’importance pour moi. Je voulais revivre le passé et réussir le futur. Tout réussir.

Après quelques minutes de ce rangement de pensées, je me sentais toujours aussi mal. J’ai miraculeusement réussi à me rendre jusqu’à la gare. Je suis rentrée chez moi en Slovaquie et je n’ai rien fait pendant deux semaines. Enfin, si. J’avais une mission. Aux yeux du monde moderne elle n’a pas beaucoup de valeur car l’on ne peut pas la transformer en profit matériel.

J’allais re-découvrir le monde. Je faisais les promenades en forêt, je m’émerveillais devant les arbres, les plantes, la nature en général. J’avais tout oublié. Pendant neuf mois j’avais été plongée dans mes études, dans la poursuite du succès. Tout cela pour oublier la beauté de ce monde ?

Pendant ces neuf mois, mon mental refusait de faire face à ce que mon corps m’a finalement fait clairement comprendre. J’avais fait un burn-out. Ou quelque chose qui ressemblait à cet état. Je refusais de l’admettre, je ne faisais pas le lien entre mon état physique et mon état psychique. Il était tout simplement inadmissible de ne pas réussir. De plus, je ne faisais rien de très compliqué alors quel était le problème? Or, mon corps  physique ne tenait plus ce rythme où je ne m’accordais pas un seul moment pour moi, pour me détendre et profiter vraiment de la vie. C’est pourquoi  après neuf mois, j’ai dû relentir, sans vraiment avoir de choix.

Après deux semaines en Slovaquie (c’est le chez moi), je suis quand même rentrée à Prague, pour finir mon mémoire de licence et passer la soutenance.

Les derniers mois de mes études et le fait de frôler un burn-out ont radicalement changé ma perception du mot succès. Ma seule ambition était de me sentir bien. De retrouver juste un bien-être, sans aller plus loin. J’ai dû laisser tomber la poursuite du succès. C’était dur car j’avais toujours adoré d’aller à la fac et d’étudier, d’être la meilleure dans les métiers qui me passionnaient. J’aimais beaucoup le milieu académique, les notes, les cours… Mais j’ai dû renoncer à tout cela.

J’ai donc commencé à chercher autre chose. Tout d’abord le bien-être. Ensuite le calme et la légèreté. J’ai retrouvé la nature et la méditation.

Suite

Au début, c’était un peu étrange. Je ne savais même pas pourquoi je me suis assise pour méditer la première fois. Il paraît que cela calme le mental, me disais-je. Ça pourrait peut-être me faire du bien.

Au début, le monde extérieur était encore largement prédominant dans mon mental. Petit à petit, je commençais à devenir une observatrice de plus en plus détachée. Je commençais à observer mes pensées. Après des mois et des mois de l’identification avec toutes les pensées, j’étais enfin plus libérée.

Ce sentiment, je n’arrive pas à le décrire. De plus, je n’en ai pas envie. Les mots réduisent souvent le vrai message que l’on veut communiquer. Je dirai juste que la méditation m’a permis de trouver un ancrage. Une stabilité. De remettre les choses en ordre quand je croyais que tout était perdu. Dans le silence méditatif, j’ai réussi à me détacher de mon obsession par le succès et la réussite.

Ouverture

Ça fait déjà quelques années que mes études sont terminées. Enfin, ma licence. J’ai essayé de revenir. Ça serait génial d’avoir un master. De plus, on peut faire des êtudes dans tellement de domaines aujourd’hui. Or, j’ai vu que ce milieu n’était plus pour moi.

Certains appeleraient ça la paresse ou le manque d’initiative, pas assez entreprenante ou un autre jugement. Cela ne me fait plus rien. J’ai peut-être beaucoup perdu, je n’ai pas un master, le mot carrière me donne des frissons et réussir ma vie ? Ce n’est pas le nombre de diplômes qui détermine notre valeur. Les petites choses que l’on ne voit pas sont beaucoup plus importantes, c’est ce qui compte.

Si je médite toujours ?

Je fais toujours de la méditation, sans vraiment avoir une routine. Il est également important de souligner que la méditation fait partie de la pratique du yoga, je ne dissocie jamais ces deux pratiques. Car le yoga, ça ne se passe pas que sur le tapis.

Pourquoi la méditation est-elle importante ?

Dans le monde, tout est un perpétuel changement. Trouver un ancrage et une stabilité intérieure me semble d’une importance considérable. C’est la raison pour laquelle j’accorde une grande importance à la méditation.

Pratique

falaise

Rien de plus simple que de pratiquer la méditation aujourd’hui. Avec l’accès sur internet, on trouve une vidéo, une musique, on s’installe dans une posture confortable et on se concentre. Sur le maintenant, sur le présent, sur nous, sur les pensées, sur le souffle, sur le corps. On observe, sans juger,  sans comparer, sans analyser, en acceptant le moment présent tel qu’il s’offre à nous.

C’est la méditation. Toujours là, toujours prête à nous accueillir. Elle nous invite à ralentir et à nous concentrer sur l’essentiel. Sans contrainte, sans obligations. Avec toute la compassion et toute la bienveillance. Pouvons-nous demander plus ?

Merci pour votre lecture

fleur

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