5 jours avec Niyama : le deuxième pilier du Yoga

Niyama le second pilier du yoga

Après avoir médité sur yama la semaine dernière, je me suis concentrée sur niyama cette semaine.

Mais avant de procéder au niyama, rapellons nous d’abord de quoi il s’agit et pourquoi ce sujet est si important

Yama et niyama sont les deux premiers des huit piliers du Yoga Ashtanga. Le premier pilier, yama, ce sont les observances morales, qui nous guident vers un comportement éthique, envers les autres, nous-mêmes et envers le monde (pour plus de détails, je vous invite à lire mon article 5 Jours avec Yama : le premier pilier du yoga).

Comme j’avance dans la pratique du yoga, je me demande parfois si j’arrive un jour à faire cette posture, ou celle là, je ressens que parfois ce n’est pas évident de tenir, j’ai envie d’aller plus loin, plus fort, j’ai envie de prouver que je vais y arriver. Puis vient dans mon esprit le ahimsa (non-violence – le premier yama) et toutes ces pensées disparaissent. La non-violence fait surface et je sais que j’avance à la vitesse propre à mon corps. Que je suis là où je suis censée être dans la pratique, même si mon mental essai de me persuader du contraire. Alors je peux me servir de yama pour trouver la plénitude du moment présent et de savoir bien me servir de mon énergie.

Maintenant que yama nous a montré une approche d’acceptation, de non-violence, de reconnaissance, nous pouvons commencer à ancrer cela dans notre pratique et dans notre quotidien.

Nous sommes prêts à passer au deuxième pilier, le niyama.

Niyama, ce sont les observances morales personnelles, les règles éthiques et les règles de la dicsipline personnelle qui nous guident vers notre bien-être. De yama, notre relation avec le monde, nous nous tournons maintenant en nous-mêmes afin de bien intégrer ces observances dans notre pratique et dans notre quotidien.

Chaque pratique demande une discipline. Il faut, pour arriver à un but, un objectif, être persévérant mais agir avec la bienveillance et la compassion.

L’avantage avec la pratique du yoga, c’est que tout le monde peut aller à son rythme. Nous ne cherchons pas la perfection, nous observons ce qui se passe, nous pratiquons la respiration, l’équilibre, la pleine conscience, tout cela dans une approche de bienveillance.

Mais comment persévérer dans une activité physique tout en étant conscient de la dimension spirituelle de la pratique du yoga ? Comment garder l’esprit de débutant ? C’est un peu comme si, chaque fois que je viens sur le tapis, c’était la première fois. Ne pas me perdre dans ce que je cherche dans ma pratique. Juste observer, être curieuse, consciente de la respiration, des mouvements, des pensées. Comment trouver l’équilibre entre le physique et le mental ? Niyama nous montre le chemin.

1. Saucha – Pureté

Lundi, j’ai médité sur saucha, la pureté. La pureté semble être un terme bien claire. Or, allons voir comment interpréter ce terme dans un contexte de la pratique du yoga.

Tout d’abord, il s’agit de la pureté extérieure. Laver son corps, se purifier, signifie tout simplement de prendre soin de notre corps. Il existe plusieurs techniques de purification du corps dans la médecine traditionnelle indienne, ayurveda. Cette médecine traditionnelle est étroitement liée au yoga. C’est pour cela que j’évoque ce sujet. Nous pouvons donc purifier notre corps de l’extérieur, en le lavant ou en faisant des massages.

Or, il est également important de penser à la nourriture. Si nous mangeons des aliments trop industriels ou trop de plats qui ne sont pas frais, il sera plus difficile de garder notre corps pur.

Il est aujourd’hui quasiment impossible de manger uniquement des aliments de qualité bio, des aliments purs. De plus la traçabilité de la plupart des aliments est souvent faible.

Comme avec tout, il ne faut pas aller dans les extrêmes. Il ne sert à rien de se priver de quelque chose, mais juste prendre conscience de ce que nous mangeons est déjà un bon début.

Puis vient la deuxième partie de ce premier niyama, la pureté de notre intérieur. Il s’agit du mental et des pensées. Le mental est un outil formidable, à condition que nous sachions nous en servir sans nous y perdre. Une tâche qui demande beaucoup de concentration, d’observation, beaucoup de conscience. C’est justement la conscience qui peut nous permettre à devenir pur à l’intérieur, d’accueillir chaque moment comme il vient, sans juger. Il en va de même pour nous pensées, l’objectif étant de prendre conscience de la négativité, et la remplacer par des pensées positives. C’est aussi cela la pureté, savoir être là, être conscient, présent.

Il me semble qu’il est assez difficile de suivre le chemin de la pureté car que ce soit le sol, l’air ou l’eau, il y a quand-même beaucoup de pollution. Comment donc rester pur ? Tout simplement en intégrant l’importance de l’instant, d’apprendre à observer, à ne pas juger, en prenant soin de l’essentiel à tel point que cela nous est possible.

2. Santosha – Contentement

Capacité de trouver la plénitude de chaque moment, c’est ce qui nous apprend le contentement, santosha.

Apprendre à accepter le moment comme il vient, sans le juger ou mettre des étiquettes, est un chemin qui mène au bonheur. Ce bonheur qui se trouve en nous, que nous n’avons pas besoin de chercher car il est en nous.

Vivre en accord avec santosha, c’est savoir se satisfaire du moment présent tel qu’il vient. Ceci n’est pas toujours facile et nous ne sommes pas censés rester inactif devant le moment présent. Au contraire. Il suffit d’accepter la réalité du moment. C’est ainsi que nous pourrons réagir, trouver une action adéquate, l’action qui est juste.

Il semble impossible de suivre le chemin de l’acceptation dans un monde où règne l’ego et le paraître. La société ne nous encourage pas d’accepter mais plutôt de dissimuler notre vraie nature.

Quand quelque chose ne va pas comme l’on veut, on est rarement encouragé à accepter. On est plus encouragé à chercher la faute quelque part, de trouver le fautif. On pourrait facilement critiquer cette tendance dans la société.

Mais le but de santosha c’est de ne pas se perdre dans les critiques de quelque chose. C’est en acceptant que nous pouvons nous libérer de ces tendances, tellement prononcées aujourd’hui. Si nous nous plaignons de la société, nous n’avons pas vraiment accepté.

Accueillir le moment tel qu’il vient, c’est l’essence même du contentement. C’est un véritable chemin du bonheur.

3. Tapas – Persévérance, Enthousiasme

Je ne sais pas si je l’ai bien décrit, mais je trouve que c’est ce qui est tapas, l’énergie, les efforts que nous mettons dans la direction d’une pratique constante, c’est ce qui nous permet de maintenir nos efforts.

C’est la chaleur, l’enthousiasme qui nous permet d’enlever des impureté en étant persévérant dans la pratique du yoga, sur le tapis et hors du tapis également.

Ce niyama est très important, car il est essentiel que la pratique soit continue et régulière. Il ne sert à rien d’aller au delà de nos forces, mais c’est en pratiquant que nous avançons. Que ce soit le physique ou le mental, tapas nous apprend la persévérance, la motivation et l’importance d’un effort adéquat dans notre pratique du yoga.

C’est en intégrant une discipline sur le tapis et hors du tapis que nous pouvons connaître notre vraie nature. Savoir s’adapter à un changement, cela demande aussi la discipline personnelle. Aussi bien que savoir tirer tout le positif d’un manque du confort (dans une asana ou hors du tapis) nous permets de nous dépasser et d’avancer dans la quête d’une perception claire du monde.

4. Svadhyaya – Etude de soi

Le quatrième niyama, svadhyaya, nous encourage à une étude des textes sacrés sur le yoga, à une étude de nous même afin que nous puissions vraiment nous connaître.

L’essentiel est de garder l’esprit d’observateur, être là, observer ses réactions, ses jugements, ses schéma du comportement.

C’est aussi faire face aux traits de nos caractères un peu moins plaisants et apprendre à accepter nos défauts. Ceci nous ouvre la porte vers une meilleure connaissance de soi.

La remise en question de nos croyances est tout aussi importante. Aussi bien que les choses apprises dans le passé. Peut-être nous le ferions différemment ?

Savoir garder l’esprit critique sans pour autant tomber dans une argumentation sans fin est également quelque chose que l’étude de soi nous apprend.

Puis vient la question de l’ego. À quel point sommes-nous identifiés avec notre mental ? Pouvons-nous observer nos pensées sans nous y perdre ? Apprendre à observer est essentiel pour trouver les réponses à nos questions.

C’est en se lançant dans l’inconnu que nous pouvons vraiment nous connaître. C’est ainsi que nous pouvons commencer à comprendre que l’histoire que nous nous racontons sur nous mêmes n’est qu’une histoire. L’important est placé ailleurs. C’est l’essence même de toute la vie.

Une étude de soi peut nous dévoiler des choses auxquelles nous ne prétions pas attention avant. Cela peut être très enrichissant.

5. Ishvara Pranidhana – Lâcher-prise

Le dernier niyama nous offre la voie vers le lâcher-prise. Pourquoi ? Parce que c’est en faisant confiance à la vie que nous pouvons vivre l’unité.

Le lâcher-prise peut sembler difficile car c’est souvent plus simple de s’attacher que de laisser aller. Il est ici question de laisser aller les inquiétudes, les angoisses, les pensées négatives, tout ce que nous avons appris sans jamais vraiment le remettre en question.

Le lâcher-prise c’est tout simplement faire confiance à la vie, telle qu’elle est. Faire confiance au moment présent, être là, sans juger ou sans se perdre dans les pensées.

Le but de lâcher-prise est justement de trouver l’unité avec toute la vie pour s’abandonner au divin.

C’est dans une pratique consciente, une pratique non-égoïste, sur et hors du tapis que nous pouvons arriver au lâcher prise et ainsi connaître l’unité.

Observations

Par moments, il me paraissait assez difficile de suivre chaque niyama, après ma semaine avec yama. Parfois j’avais l’impression d’être tiraillée entre ce que l’enseigne le yoga et la réalité de ce monde.

Or, il est toujours bénéfique de garder l’esprit d’observateur. Et puis, le monde, c’est nous qui interprétons tout de notre façon, de façon propre à notre situation. Je pense que yama et Niyama sont une très belles occasion de sortir parfois de sa zone de confort et oser faire une remise en question, afin de trouver l’unité.

Je pense que c’est la complexité de yama et niyama qui peut nous faire avancer. D’une part, nous sommes encouragés à une approche de non-violence envers nous-mêmes, envers les autres et envers le monde. D’autre part, nous sommes également encouragés à l’enthousiasme dans la pratique du yoga.

En avançant avec conscience dans la pratique, et dans l’étude de yama et niyama, nous pouvons trouver l’harmonie et l’unité.

C’est un chemin, c’est une pratique et c’est là, pour nous. Alors ouvrons-nous à cette opportunité.

Embrassons nos imperfections, nous préjugés et illuminons-les avec la lumière de la conscience, sous-entendue dans ces deux premiers piliers du Yoga. Mais aussi dans tous les autres piliers finalement.

Merci pour votre lecture.


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