5 jours avec Yama : le premier pilier du Yoga

La pratique du yoga

Le Yoga. Qui ne connaît pas cette pratique aujourd’hui? Depuis quelques décennies, on assiste à un boom de cette pratique partout dans le monde. Vous pouvez facilement partir à Bali, à Goa ou n’importe où pour faire une retraite de yoga, pour vous ressourcer, pour découvrir cette pratique qui est tellement populaire aujourd’hui. Or, le yoga de nos jours est devenu une pratique plus physique que spirituelle. Le but ultime n’est plus une unité entre le corps et l’esprit. Il s’agit plus d’objectifs tels que maigrir avec le yoga, se détendre après toute la journée au travail, une bonne maîtrise des postures ou le renforcement musculaire. Tout cela est merveilleux. Une activité physique est toujours bénéfique pour le corps. Les endorfines procurées par les activités physiques nous permettent de nous sentir bien. Et c’est ça le but. Or, comment ne pas se perdre dans le physique et prendre en compte l’esprit et le développement spirituel ?

Heureusement, le yoga nous propose bien plus que d’avoir une activité physique car c’est plus que la gymnastique (douce ou dynamique, à vous de choisir votre style). En témoigne notamment l’ouvrage fondamental sur la pratique du yoga rédigé à peu près 200 ans avant notre ère par l’èrudit indien Patanjali. Cet ouvrage s’appelle Les Yoga Sūtra. Patanjali a défini huit membres du yoga, appellés Ashtanga Yoga. Ces huit membres nous offrent une opportunité exceptionnelle de trouver l’harmonie entre le corps, l’esprit et le monde qui nous entoure. Ces membres sont yama (principes éthiques par rapport à la société et nous mêmes), niyama (les règles de discipline personnelle), asana (la pratique des postures – les asanas), pranayama (la pratique de la respiration), pratyahara (contrôler les sens pour ne pas se laisser distraire par le monde extérieur), dharana (pratique de la concentration), dhyana (la méditation), samadhi (le but ultime – l’unité). Pour une véritable pratique du yoga, il faudrait idéalement avancer étape par étape, c’est à dire que par exemple, pour bien pratiquer les exercices de la respiration, le pranayama, il faut d’abord suffisamment maîtriser les asanas et ainsi de suite.

En ce qui concerne les différents styles du yoga, j’en parlerai dans un autre article. Je souhetarais d’abord partager l’essentiel du yoga et de ses enseignements morales. L’éthique est quelque chose à quoi une personne pratiquant du yoga prête sans doute attention. De ce fait, je voudrais partager avec vous les deux premiers enseignements du yoga, mentionnés ci-dessus. Il s’agit donc de yama et de niyama.

Cette semaine, je me suis concentrée sur yama, les observances morales qui nous permettant d’avoir une bonne relation avec la société et le monde. Du lundi au vendredi, j’ai essayé tous les jours de méditer sur chaque yama et la semaine prochaine je vais faire la même chose avec niyama.

1. Ahimsa : Non violence

Lundi, j’ai médité sur ahimsa. Ahimsa, ou la non-violence est à juste titre le premier yama. Quand on parle non-violence, on ne parle pas seulement de la non-violence à proprement parler, c’est à dire, ne nuire à autrui. Il est absolument fondamental que le ahimsa commence avec nous-mêmes. Que ce soit sur le tapis ou en dehors du tapis, ce qu’on cherche c’est avoir une approche de compassion avec nous-mêmes, de ne pas forcer notre corps dans une posture, d’être doux est patient dans les moments difficiles. Il est conseillé de ne pas aller au delà de ce qui semble juste à notre corps, à notre esprit, à notre bien-être. Ahimsa nous enseigne d’avancer doucement dans notre pratique, d’écouter notre corps et d’adopter une approche de gentillesse et bienveillance.

Ahimsa est la base de toute la pratique du yoga et de notre comportement envers l’autrui. La non-violence est fondamentale car elle nous permet d’avoir plus de compréhension et plus de compassion pour les autres et pour nous-mêmes.

2. Satya : Sincérité

Mardi, je me suis concentrée sur le satya. Satya, ou la sincérité, vient après le ahimsa. Être sincère, c’est dire la vérité. La vérité peut parfois être désagréable, Ça peut être quelque chose à quoi on ne veut pas faire face. C’est pourquoi il est nécessaire d’intégrer la non-violence, pour pouvoir dire la vérité avec compassion.

Il est toujours plus crédible quand quelqu’un est honnête. Même si cela n’est pas toujours agréable à entendre, c’est plus bénéfique qu’écouter des mensonges ou les propos qui ne correspondent pas à la réalité. Certes, il est plus facile d’accepter la gentillesse et la politesse, mais celles-ci sont-elle toujours authentiques ? Si derrière on dit de nous des choses totalement différentes ?

Une critique constructive peut nous permettre de nous rendre compte de notre authenticité. Il suffit de ne pas prendre tout personnellement. Si seulement on laissait de côté notre ego, on saurait apprécier la vérité. Mais ce n’est pas toujours facile dans une société où l’on nous pousse à nous cacher derrière les conventions, derrière notre statut, derrière notre carrière ou nos diplômes. La notion de vérité est malinterpretée et c’est pour cela qu’il est tellement difficile de l’accepter.

Je dirais que finalement, nous devrions être reconnaissants pour les personnes qui nous disent la vérite que nous ne voulons pas entendre. Non, ce n’est pas facile à écouter mais ça nous fait réfléchir. Et ça dévoile notre authenticité, quelque chose de très important dans une société où règne le paraître. Certes, faut-il encore que ces personnes sachent dire la vérité avec compassion et bienveillance.

Accepter la vérité, c’est aussi sortir de sa zone de confort. Cela peut avoir des effets positifs sur la confiance en soi et peut par conséquent nous permettre d’être détendu et plus respectueux de l’authenticité des autres.

3. Asteya : S’abstenir du vol.

La troisième observance est asteya. Asteya nous encourage à nous abstenir du vol. Cette observance dit qu’on ne devrait pas prendre quelque chose que nous n’avons pas obtenu avec notre propre énergie.

Il me semble nécessaire de mentionner l’environnement qui nous entoure, car tout ce que la Terre nous offre est pour nous vital. Il est donc toujours appréciable que nous sachions nous servir de ces ressources avec modération.

L’absence du vol s’étend bien au delà de voler un bien matériel. C’est aussi de ne pas gaspiller le temps de personnes qui nous entourent et notre temps à nous. Quand nous ne prêtons pas attention lorsque nos proches nous parlent, nous ne sommes pas présents dans l’instant, nous sommes ailleurs. Le mental se perd dans les pensées et quelques secondes plus tard, nous nous rendons compte que la personne en face à fini de parler et attend un retour. Mais qu’est-ce qu’elle disait déjà ? Combien de fois on est sur nos téléphones alors que les êtres qui nous sont chers ont besoin de notre attention ? Savoir être présent dans l’instant est essentiel pour toutes nos relations et pour notre bien-être.

Asteya nous rappelle justement d’être présent en ce moment, car quand on échappe au moment présent, il s’agit du vol également. On se prive du plus beau cadeau qu’on aura jamais dans la vie, le moment présent. C’est en étant toujours présent, en étant là où nous sommes que nous pourrons réaliser l’importance et l’utilité de cette observance dans sa globalité.

Quand quelqu’un nous parle, nous pouvons être là, pour lui, nous pouvons pratiquer une vraie écoute, sans juger ou trop réfléchir de ce que la personne nous raconte. Tout simplement écouter. En étant là où nous sommes en ce moment.

Nous pouvons faire la même chose quand il s’agit du temps pour nous. Profiter de l’instant, être pleinement présent pour apprécier la vie dans toutes ses formes.

4. Brahmacharya : Savoir se servir de son énergie

Brahmacharya est la quatrième observance morale. L’enseignement de brahmacharya est de trouver la modération en ce qui concerne les désirs et les passions, de trouver le juste milieu dans nos activités. Pour cela, nous avons besoin de nous poser une question très importante, à savoir, comment nous nous servons de notre énergie ?

Brahmacharya nous rappelle que nous ne devrions pas gaspiller notre énergie pour nous soucier inutilement, pour nous angoisser ou trop réfléchir. C’est à nous de choisir où et comment nous allons utiliser notre énergie. Nous ne devrions pas oublier à quel point l’énergie de laquelle nous disposons est précieuse. C’est pourquoi il est toujours mieux de savoir bien s’en servir. Si nous ne gaspillons pas notre énergie, si nous vivons avec modération, avec le respect, ainsi seront nous capables de voir le divin dans la vie. C’est cela le but de brahmacharya, voir le divin autour de nous, en nous-mêmes et dans tous les êtres vivants.

5. Aparigraha : Non-possessivité

La cinquième observance est aparigraha, la non-possessivité. Mon petit frère a dit une fois que de toute façon, rien ne nous appartenait vraiment dans cette vie. Ce propos m’a frappé par sa vérité. Je ne sais plus de quoi on parlait et ce qu’il l’a amené à dire cela. Mais ça exprime en quelques sortes l’essence même de la non-possessivité.

Aparigraha nous rappelle d’être reconnaissants pour ce que nous avons mais ne pas nous y  perdre. Contempler tout comme quelque chose que nous avons la chance d’avoir dans la vie. Ne pas se perdre dans nos possessions. Car tout est éphémère. Si nous arrivons à apprécier ce que nous avons, nous pourrons vraiment en profiter. Nous pouvons ainsi nous rendre compte de la chance d’avoir tout cela dans notre vie.

Il en va de même pour nos relations. Les personnes présentes dans notre vie sont un véritable cadeau. L’amour est très beau mais notre liberté aussi. Ainsi la question se pose, peut-on aimer et être libre ? Aimer signifie aussi aimer la libérté. De plus, c’est dans le non-attachement que l’amour devient vraiment profond. Le conseil ultime est le lâcher-prise. De laisser les inquiétudes s’envoler comme des nuages. De s’émerveiller devant la beauté qui nous entoure, de juste être là, sans vouloir toujours plus.

Avoir et posséder, c’est sans doute très agréable. Or, il est très beau de ne pas se perdre dans les choses matérielles. Nous pouvons grâce à cela apprendre à apprécier le moment présent, la nature, le temps passé avec nos proches. Sans trop s’attacher, tout devient plus léger. Tout devient plus facile et plus agréable. C’est comme ça que nous pouvons lâcher prise et savourer la beauté du monde qui nous entoure.

Mes observations

Du lundi au vendredi, j’ai essayé de méditer sur yama. Je me posais plein de questions sur comment je pourrais inclure ces observances dans ma vie quotidienne. Je peux dire que c’était très enrichissant sur de nombreux plans. Or, c’était aussi très complexe et relativement difficile. Comment donc inclure tout cela dans mon quotidien, dans la réalité du moment? La théorie est intéressante et c’est très agréable à méditer sur ce sujet. Mais le mettre en pratique dans la vie quotidienne et dans toutes les interactions sociales? Ce n’est pas toujours facile puisque c’est tellement complexe… Mais le yoga, c’est avant tout une pratique. Que ce soit du côté physique ou spirituel, il faut être patient et pratiquer.

Voilà, mes cinq jours avec yama, les enseignements éthiques du yoga. Merci pour votre lecture.

Je vais partager mes cinq jours avec niyama, le deuxième pilier du yoga, la semaine prochaine.

Note: Je suis très heureuse d’avoir eu la chance de lire un très beau livre de Deborah Adele : The Yamas & Niyamas : Exploring Yoga’s Ethical Practice. Je vous encourage de le lire si le sujet vous intéresse.


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